Par APD Maroc · Publication : 5 octobre 2022

À l’apd, la rentrée se fait en beauté !
Une année après son élection à la tête de la ville de Casablanca, Docteur Nabila RMILI, accompagnée de Monsieur Abderrahman OUTASSI, 7ème Vice-président du conseil, a choisi l’apd pour présenter les défis, les projets et surtout son ambition pour la capitale économique du Royaume. Devant un parterre d’une quarantaine de dirigeants d’entreprises publiques et privées, la première femme maire dans l’histoire de la métropole a fait un brillant exposé de sa vision pour la ville et a répondu sans langue de bois aux questionnements, aux critiques mais aussi aux idées et propositions des acteurs économiques et aux patrons de presse présents à la rencontre.
L’engagement de tous les acteurs est au cœur de la stratégie du nouveau conseil de la ville et les espaces comme apd contribuent indéniablement à fédérer les énergies et à enrichir collectivement les projets de développement.
Tout plan de développement commence d’abord par le diagnostic de l’existant. Cela, docteur RMILI le sait parfaitement et elle a eu le mérite d’entamer sa présentation par citer les réalisations des anciens conseils. Elle a par la suite tracé un tableau complet des prérogatives de la mairie avec tous les défis auxquels la nouvelle équipe devra faire face avec en premier lieu le challenge écologique. Pour ne citer qu’un indicateur clé: L’espace vert moyen par citoyen casablancais n’excède pas un mètre carré alors que la norme est de dix ! La pollution de l’air est également une des questions majeures à laquelle il faudra s’attaquer au même titre que la pénurie d’eau qui est une urgence à l’échelle nationale et internationale sans oublier également l’indispensable valorisation des déchets.
Deuxième grand challenge à l’origine de beaucoup d’autres : L’insuffisance des ressources, à la fois financières et humaines. Pour la première, les recettes totales de la métropole ne dépassent pas les 3,5 milliards de dirhams dont quasiment le tiers est absorbé par la charge de l’assainissement et du nettoyage. Pour référence, le besoin réel est estimé à 3 fois ce chiffre. Pour le second volet lié au capital humain, le corps administratif de la ville affiche une moyenne d'âge de 55 ans avec un taux d’encadrement d’à peine 13%. Beaucoup de départs à la retraite sont attendus et une nouvelle politique RH devra donc être de mise pour porter les projets de développement de la ville.
Autre série de défis qui impactent directement le quotidien des casablancais : La gestion de la mobilité et la maintenance des ouvrages. Le constat est de taille : Beaucoup d’équipements de la ville ne bénéficient nullement de budgets de maintenance ce qui explique leur détérioration continue. Au niveau de l’offre de transport, beaucoup a été réalisé pour pallier au déficit des décennies d’avant et les travaux sont en cours pour élargir l’offre existante notamment avec le lancement des nouvelles lignes T3 et T4 du Tramway et les lignes de Bus à haut niveau de service (BHNS). L'achèvement des nouvelles trémies et du nouveau pont Mohamed VI contribueront également à fluidifier la circulation des Casablancais.
Last but not least, l’attractivité sous ses différentes formes: économique, touristique et culturelle, est l’une des missions essentielles de la mairie dont la situation actuelle souffre de multiples carences. Fragilisation de zones économiques et foncier non assaini pour la première, l’insuffisance de l’offre hôtelière pour la seconde, et l’absence de coordination entre les différentes institutions pour la dernière en plus du manque de valorisation du patrimoine. À titre d’exemple, chaque arrondissement de Casablanca dispose de son propre théâtre mais ces derniers sont mal-entretenus et il n’existe aucune forme de coordination dans leur programmation culturelle.
Tout élément de ce puzzle à lui seul risquerait sérieusement de saper la motivation de tout acteur politique -même engagé- mais pas Nabila RMILI. Médecin de formation, militante associative et leader politique depuis plus d’une décennie, Docteur RMILI n’est pas à son son premier mandat politique et a déjà à son actif la gestion de la pandémie de la COVID à la première région du Royaume en tant que directrice régionale de la santé. Avec courage et détermination, elle affiche son ambition d’axer son mandat sur trois piliers majeurs. Primo : Réconcilier les casablancais avec leur ville et renforcer l’esprit d’appartenance. Deuxio : Faire de Casablanca une ville créatrice de richesse et qui se soucie de son environnement et du bien être de ses citoyens et Tertio : Marquer une rupture avec l’ancien mindset et la logique bureaucratique afin de moderniser les services de la ville et d’aller vers une vision de Smart-City. Au cœur de cette vision, la maire a cité 6 mots d’ordre : Résilience, Attractivité, Proximité, Co-construction, Agilité, Connectivité. D’après elle, l’attribut Smart ne doit plus être réservé aux cercles des entreprises initiées mais plutôt élargi et partagé avec l’administration pour fluidifier la communication avec les contribuables en toute transparence. Pour ce faire, la nouvelle équipe aux commandes de la ville a besoin de l’apport de tous ses partenaires économiques et sociaux et de toutes les forces vives de la ville.
Pour concrétiser cette vision, madame la maire a annoncé plusieurs chantiers qui sont en cours de réalisation ou à l’étude : La réorganisation et modernisation de l’administration, l’amélioration des recettes de la ville ainsi que de la méthodologie de recouvrement , l’élargissement de l’assiette fiscale, la construction d’usine de valorisation et tri des déchets, l’augmentation des espaces verts de 1 à 5m² par habitant, le traitement et réutilisation des eaux usées, l’amélioration de la qualité de l’air le Smart lighting, la gestion intelligente des parkings de la ville, la création d’une plateforme agroalimentaire, la restructuration et modernisation des marchés de proximité, la fluidification de la circulation....etc. Une des mesures phares qui a été révélée lors de cette présentation est l’adoption très prochaine de l’arrêté d’interdiction de la circulation des poids lourds au niveau de la ville (de 6 heures à 19 heures).
D’autres projets importants ont été annoncés par madame la maire notamment la réhabilitation du centre ville, la création du grand musée de Casablanca et du palais de congrès. À l’instar de Rabat et Marrakech, Casablanca aura également son grand événement qui marquera la signature de la ville... une des nombreuses actions à mettre en œuvre pour positionner la métropole dans son environnement national et international.
L’exposé de Madame la maire a été fortement applaudi et a donné lieu à un débat très riche en remarques, idées et propositions. Parmi les questions posées, il y avait celle relative au grand potentiel qu’offre la digitalisation aux services de la ville, posée par Monsieur Mohamed HORANI, PDG de HPS et Administrateur de l’APD. À ce titre, le mobile payment est une des solutions qui devrait être de mise pour faciliter les paiements notamment au niveau des parkings. Une autre dimension importante relevée par Monsieur Mohamed HAITAMI, président du groupe LE MATIN, est celle de la communication qui est quasiment inexistante entre la mairie et ses citoyens sauf durant la campagne électorale. La mise en place d’outils et de campagnes de communication est un axe majeur pour renforcer le sentiment d’appartenance à la ville. L’aspect animation culturelle et sportive a aussi été souligné notamment par Monsieur Michaeal COLMANT, DG de DÉCATHLON. Des actions sont déjà planifiées et d’autres suivront pour renforcer cette dimension. Beaucoup d’interrogations ont été soulevées également sur la gestion de la mobilité et sur les différents chantiers en cours. À ce sujet, Monsieur Nabil BENLABED, DG de Casa Transports et membre de l’APD a fait une excellente synthèse sur l’avancement des travaux et l’agenda des réalisations. Au terme de plus de deux heures d’échanges constructifs, le premier business lunch de l’APD pour la rentrée a pris fin après avoir largement tenu toutes ses promesses. Une autre belle illustration du slogan que porte l’Association pour le Progrès des Dirigeants depuis sa naissance : Le Progrès par le Partage.



