ASSOCIATION POUR LE PROGRÈS DES DIRIGEANTSMAROC · DEPUIS 2005

Insights

Ramadan et connaissance de soi

Une réflexion sur la connaissance de soi, le jeûne et la portée symbolique du langage dans la tradition islamique.

Lorsque nous récitons le Coran, tous les mots prononcés ont une opérativité absolument essentielle pour la rectification de l’être imparfait que nous sommes devenus et que nous devons rétablir dans sa perfection originelle.

« Lorsque l’homme agit, il ne fait que s’accomplir, que se construire ». C’est avec cette phrase que Cheikh Muhammad Valsan commence son intervention lors du webinaire organisé par l’APD sous le thème «RAMADAN ET CONNAISSANCE DE SOI ».

Dans l’antiquité grecque, la citation de sagesse par excellence était : « Connais-toi toi-même ». L’idée même de se connaitre soit même trouve une certaine prolongation dans un Hadit : « Celui qui se connait soit même, connait son Seigneur ».

«L’homme oubli qu’il n’est pas simplement un animal savant, « Allah » soubhanah le dit dans le sacré Coran : « Nous leurs ferons voir nos signes dans les horizons », c’est-à-dire que le monde qui nous entoure sert d’objectivation de tout ce que nous avons en nous-même. Et le rapport qui a toujours été établi entre le macro-cosmos et le micro-cosmos que nous sommes, c’est un rapport d’analogie permanente », explique Cheikh Muhammad VALSAN

Donc d’une certaine manière, l’homme est appelé à se connaitre et il a pour cela un certain nombre de pratiques à avoir. «Et nous savons que l’Islam est bâti sur 5 principes mais, en utilisant ce vocabulaire-là, nous nous rendons compte que nous utilisons un vocabulaire de construction, d’architecture », précise le Cheikh.

Le sacré coran est descendu étoile par étoile au cours des 23 années ou a duré le mandat apostolique du prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam). «Nous comprenons que les versets coraniques correspondent à la descente des étoiles c’est-à-dire de la voute céleste, qui s’est manifestée toute entière en nous. Le prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) bien évidement incarnant la perfection de cette révélation, puisque d’une certaine manière l’Ange Gabrièle (Allayhi salam) lui permet d’objectiver les choses. Mais, en réalité nous savions que toute sa structure intérieure était le sacré Coran lui-même », souligne Cheikh Muhammad VALSAN

Sauf que l’homme a besoin d’objectiver la chose et en prendre conscience. C’est ce que Platon répétait en disant que c’était une anamnésie, nous avons simplement à trouver ce que nous sommes.

Lien entre l’alphabet arabe, les nombres et les caractères dans l’Islam

L’alphabet arabe a permis une révélation tout à fait particulière parce qu’il s’inscrit dans une langue qui a comme caractéristique d’avoir une polysémie absolument extraordinaire, et dont les lettres sont des symboles. «Dans la sagesse islamique, il est dit « l’homme est le symbole de l’existence », et dans cet alphabet, nous avons de 28 lettres correspondantes aux 28 jours ou la lune manifeste sa présence dans le mois lunaire en faisant son tout du zodiaque, et que nous avons d’une certaine manière représentée dans nos 28 phalanges qui composent nos deux mains. Cet alphabet était lié non seulement aux lettres mais également aux nombres. Il faut savoir que Adam (Alayhi Salam), cet homme primordial a reçu de la part d’Allah Soubhanah la science des noms », rappelle Cheikh Muhammad VALSAN.

Cette science a deux branches principales :

Une branche des sciences des lettres

Une branche des sciences des nombres

«Nous ne savons pas si finalement chaque lettre que nous lisons est une lettre dans le domaine littéraire proprement dit ou est-ce que cette lettre est un nombre. Auquel cas le Coran est aussi un livre scientifique fait d’un certain nombre de rapports numériques et en sachant que finalement il est les deux à la fois, puisqu’à l’époque où les chiffre arabe ou les chiffres Indou n’existaient pas, il y avait ce que nous appelons l’« abjad », c’est-à-dire cet alphabet dans un autre ordre qui était celui des valeurs numériques de chaque lettre.

Et cet « abjad » a comme avantage d’être partagé dans toute les langues de la méditerranée que ce soit l’arabe, le syrien, le grec », note le Cheikh.

Exemple : nous avions donc le « Alif » et « alpha » qui valait 1 / « Baa » et le « beta » qui valait 2. Et cela permettait d’avoir, sans connaitre la langue de l’autre, au moins l’idée que les valeurs numériques étaient indiquées dès qu’un mot était prononcé.

«Derrière les phrases qui sont révélées dans le sacré coran se cachent non seulement un langage littéral au sens de lettre à lettre mais également un langage mathématique.

Tout l’intérêt de l’utilisation de la langue sacrée : les 28 lettre qui la composent ont leurs valeurs numériques qui vont de 1 à 1000 et permettent par progression par unité, par dizaine et par centaine d’arriver aux milliers (28 eme lettre) », précise Cheikh Muhammad VALSAN.

Exemple 1 : Dans les rituels qui sont faits dans les « Zawiya », dans les mosquées etc.. Nous avons des fois le nom d’Allah qui se répète un certain nombre de fois par exemple « Alatif ». «Ce dernier à une valeur numérique de 129 au total et ce nombre représente le nombre de fois où ce nom sacré doit être répété au cours du rituel, soit 129 fois ou le multiple de ce nombre. C’était connu depuis toujours que le nom à une valeur numérique qui lui est intrinsèque et qui lui donne une opérativité », explique VALSAN.

Exemple 2 : Le coran après la « Fatiha » commence par « Alif, Lam, Mim », Dieu Soubhanah nous a montré de cette manière que des lettres isolées ont un sens qui vient même dépasser le sens simplement arabe du texte pour arriver à un sens totalement universel, puisque les lettres sont universelles.

Exemple 3 : Lorsque nous additionnons les lettres qui composent « ADAM WA HAVA » nous obtenons le nombre 66 qui est proprement la valeur du nom « ALLAH ». Donc nous avons une illustration de ce qui se dit « l’homme a été créé à l’image de son seigneur ».

« Si la pyramide représente le cosmos tout entier et tous les secrets du cosmos dans sa structure, l’homme vient coiffer cette pyramide. Le coran est une pyramide de mots qui est entièrement structurée sur la réalité Mohameddienne », rappelle Cheikh Muhammad VALSAN. Dieu dit dans le Coran : « Nous avons présenté le dépôt de confiance aux cieux, à la terre, aux montagnes et ils ont refusé de s’en charger et s’en sont bien gardé, alors que l’homme s’en est chargé il est injuste et ignorant ».

« Ce qu’il faut comprendre c’est que l’homme est injuste parce qu’il est beaucoup plus que ce qu’il croit, et il est ignorant parce qu’il ignore sa propre valeur. Cet homme s’identifie au Khalifa c’est-à-dire au représentant divin. C’est pour cela qu’il a été demandé au diable « Iblis » de se prosterner devant cet homme vu le caractère extraordinaire qui est le sien, de porter tous les noms divins et d’être l’expression de toute ses qualités. Allah a manifesté toute sa réalité à travers cet homme », fait rappeler leCheikh.

Les lettres « Alif » et « Baa » qui résument toute l’alphabet représentent l’homme par excellence mais autant que père « Ab ». L’« Alif » est un axe infinis puisqu’il représente l’axe divin et le « Ba» est représenté comme un segment de droite dont les deux petites courbes sur les côtés montrent que c’est un segment, qui est lui limité. « Et cet homme va être représenté par le « Ba » de la « Basmala » qui inaugure le coran. Ce dernier à une particularité, au lieu d’avoir un « Bi » suivi d’un « Alif » pour dit « Bi- Ismi », nous avons le « Alif » qui a été escamoté et qui a été remis devant en allongent la barre du bas. C’est une curiosité coranique qui fait que le « Ba » est la première lettre majuscule du Coran et la seule, et d’une certaine manière c’était une façon de dire que l’homme devient « Alif » et prends donc la forme divine », souligne Cheikh Muhammad VALSAN.

Il est effectivement dit dans le Coran : « Nous avons créé l’homme dans la plus belle axialité puis nous l’avons rendu au plus bas du plus bas ». Et cet « Alif » chez les calligraphes est représenté avec des parties qui sont celles du corps d’un homme, il a un front, une tête un nombril etc… Et la lettre « Alif » décomposée nous donne un nombre de 111, cette valeur est une tri-unité et descend à travers les trois mondes « Malakout » « Jabarout » et « Moulk » puisque Dieu tout puissant envoi son message à partir du ciel jusqu’aux hommes.

La lettre « Alif » a aussi pour valeur 1000 dans le sens de la prononciation, donc il va de 1 à 1000 et la révélation du Coran s’est faite dans une nuit meilleure que 1000 divulgations. Tout ce qui n’est pas dit dans le coran et tout ce qui y est inclut qui ne peut même pas être exprimé est plus de 1000 fois supérieur de tout ce qui va pouvoir être émis de la bouche de l’homme.

Le mot « Siyâm » : jeûne

«Le mot « Siyâm » est intéressant puisqu’il a cette valeur de « Alif » 111 et de ce qui caractérise l’homme dans sa capacité à se dresser par lui-même », note Cheikh Muhammad VALSAN. Un Hadit nous dist : « Tous les actes qu’accompli le fils d’Adam lui appartiennent sauf le jeûne ».

Le mot « Kotb » : pôle

Le mot « Kotb » a la valeur de 111 aussi. Il est évident que l’homme universel est le pôle du monde autour de quoi tout tourne, c’est l’axe divin autour du quel tout le monde est en giration. Et ce pôle est représenté tout particulièrement dans le Coran par le prophète « Idriss » (allayhi salam) qui est le pôle de cieux. Ce dernier était un grand jeûneur, il a tellement jeûné qu’il a connu une angelo morphose, il n’a pas connu la mort. Et c’est pour cela que Dieu nous dit dans le Coran « Il était sincère et prophète et nous l’avons élevé dans un lieu sublime ». Cette élévation va avoir comme valeur numérique 111, le jeune a permis à « Idriss » (allayhi salam) de s’élever sans passer par la mort.

« Lorsque nous récitons le Coran, tous les mots prononcés ont une opérativité absolument essentielle pour la rectification de l’être imparfait que nous sommes devenus et que nous devons rétablir dans sa perfection originelle », souligne le Cheikh.

Le mot « Samad » signifie celui qui n’a ni faim ni soif, qui n’a ni besoin de boire ni de manger et qui est plein. Dieu tout puissant se définit comme étant « Samad » dans la mesure où il n’a besoin de rien qui vient de l’extérieur et qu’il est le tout.

« Allah » manifeste donc d’une certaine manière son nom « Samad » chez le jeûneur quand il s’est dépouillé de toute substance qui vient de l’extérieur puisqu’il essaye d’être comme « Allah » soubhanah.

Le mot « Ramadan » veut dire rôtir, bruler et embraser toute chose.

Le mois de Ramadan vient juste après « Rajab » et « Chaaban » qui montraient tout l’embranchement d’un arbre qui se met à bruler.

Le terme « bruler » est retrouvé non seulement dans le jeûne de ramadan mais également dans le mot « Salat » puisque qu’il vient d’une racine « Salaya » qui veut dire bruler. «Dans la prière, nous sommes priés de bruler d’amour, et cette brulure obtenue à travers la prière est rendue plus douce par l’ablution que nous faisons puisque nous versons de l’eau sur notre corps. Pendant le mois de ramadan, le Coran a été révélé et c’est en voyant la lune « Hilal » que ramadan arrive. Et le mot « Hilal » est aussi important puisqu’il est fait des quatre lettres qui composent le nom Allah », note le Cheikh.

Le mot « Imsak » et « Misk »

Le jeune est un « Imsak » une abstinence, ce n’est pas un acte puisque justement il nous est demandé de ne plus être acteur et seul « Allah » doit être l’acteur. «Dans le « Imsak » il y a le mot « Misk » qui est le parfum que doit dégager une personne qui jeûne », explique le Cheikh.

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